13 mars 2010

A Phnom Penh, le 30 octobre 2009

Vendredi 30 octobre, Geoffroy et moi sommes allés au bureau de Phnom Penh. Nous devions également passer à la banque chercher notre carte… deux mois après avoir ouvert notre compte ! J'avais rendez-vous chez le coiffeur à 13h00. La femme de l'Ambassadeur de France m'avait recommandé De Gran, salon de beauté, dont le patron est japonais. C'était une aventure dans laquelle Geoffroy m'a accompagnée. Nous avons franchi un portail derrière lequel s'étendait une allée de grands carreaux blancs ; de chaque côté un bassin étiré en longueur ruisselait d'eau cristalline. Dans la bâtisse en face, tout le monde attendait derrière l'immense baie vitrée pour nous accueillir, y compris des femmes avec casque et micro. Une première dame à la réception nous a invités à nous asseoir dans la salle d'attente pourvue de chaises écarlates. Le maître a débarqué en nous honorant d'un salut japonais : inclinaison avec les mains posées sur les cuisses. Il avait une allure fantasque, avec sa trousse de ciseaux et peignes attachée à la ceinture. Une assistante cambodgienne a traduit notre échange anglo-japonais à propos de la coupe. Puis, je suis partie au lavage qui offrait une expérience à part entière : il dure plus longuement que d'ordinaire, comprend deux applications de shampooing et un soin et se ponctue de massages vigoureux des tempes et de douces caresses avec le pommeau, pendant que les yeux sont couverts d'un linge cotonneux. Après l'étape du lavage, je suis allée prendre place sur un siège face à un miroir sous un éclairage éblouissant, mélange de lumière naturelle et artificielle. Il faut savoir que la couleur dominante de la salle, ouverte sur l'extérieur, est le blanc et le matériau principal le verre, ce qui favorise la réverbération. Bref, pendant toute la durée de la coupe, j'ai tenu mes yeux à demi ouverts tant l'éblouissement me gênait. Ce qui fut le seul désagrément à l'ensemble. L'artiste m'a coiffée avec assurance tout en discutant avec Geoffroy et moi, par le truchement de son interprète. Son maniement rapide des outils, ses déplacements agiles et son air absorbé dans l'action m'ont incitée à le comparer à Edouard aux mains d'argent. Geoffroy l'a d'ailleurs complimenté en lui disant que c'était agréable de le regarder travailler. Après un rinçage final et le séchage, puis le paiement, nous sommes sortis de l'enceinte, suivis de la troupe. Quand la voiture s'est mise en route, le maître et ses assistants alignés nous ont remerciés par un salut japonais simultané en pleine rue.

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