10 novembre 2009

A Bousra, le 26 juillet 2009



Dimanche, seul jour de repos (normalement). Geoffroy a dû se lever à deux reprises durant la nuit : d'abord à 1h pour réceptionner l'argent de la paye pour les travailleurs, ensuite à 6h pour redonner la bourse afin qu'on la distribue le matin même. En résumé, le processus se passe de la manière suivante : le samedi soir, le personnel administratif compte les billets (à l'aide d'une machine) et prépare des paquets correspondant aux revenus de chaque travailleur. On dépose l'argent chez un directeur, en l'occurrence Geoffroy, pour le garder en lieu sûr jusqu'à ce que ce soit l'heure d'ouvrir les guichets de paiement. Geoffroy et moi espérons vivement que ce mode de fonctionnement changera très vite pour ne pas devoir subir ce genre de dérangement trop longtemps.
En plus, vers 6h, le bruit commençait déjà à retentir chez nos voisins. Le village se réveille en musique. Le karaoké a la côte. On entend fréquemment (surtout le soir) les gens chanter des chansons khmères et anglophones. Il semble que la culture japonaise soit très influente. En tout cas, il n'est pas rare de croiser des jeunes, surtout des garçons, habillés avec des vêtements branchés et les cheveux coiffés à la dernière mode. Il paraît que quand un Cambodgien achète un lecteur de DVD (par exemple de la marque Akira comme chez nous), c'est avec la fonction karaoké – sans oublier le micro ! Saream, l'assistante de la directrice administrative, nous a d'ailleurs dit posséder un karaoké chez elle. Elle est revenue à Bousra pour quelques jours en nous apportant des denrées alimentaires (principalement pour nourrir les animaux). Elle doit bientôt être à Phnom Penh pour participer au championnat de ping pong du Cambodge. Elle est actuellement deuxième au classement national.
En raison de ce vacarme, on n'a pas pu se rendormir et on était donc debout tôt (pour un dimanche !). Le point positif est que ce réveil matinal nous a permis d'être actifs dès le début de la journée. Nous sommes allés aux chutes de Bousra dans l'avant-midi. « Cette chute d'eau, dans la jungle épaisse, est l'une des plus impressionnantes du Cambodge. Célèbre dans tout le pays, cette double cascade plonge d'abord sur quelque 10 m, puis chute avec fracas 25 m plus bas. » (Lonely Planet) L'entrée aux chutes coûtait 5 000 riels, soit 1,25 $ (1 $ = 4 000 r). Arrivés au pied de la première cascade, on a rencontré un groupe d'au moins cinq hommes, assis sur un tapis en train de boire et de causer, qui nous ont proposé à chacun une bière (Angkor, bière nationale produite par une grande brasserie à Sihanoukville). Ils nous ont expliqué qu'ils étaient profs dans un lycée à Kompong Cham. L'un d'eux nous a parlé en français, un autre en anglais. Ils se rendaient pour la première fois aux chutes de Bou Sra. Ils nous ont confondus avec des touristes. On a pris congé d'eux pour se rendre au bas de la deuxième cascade. On a marché au hasard afin de trouver le chemin qui menait là-bas. En vain. Donc nous sommes repartis à l'entrée demander la direction. Il fallait en fait ressortir et faire demi-tour pour accéder au site. On a suivi un petit chemin à travers la brousse jusqu'à un escalier raide en bois. Pour admirer ces chutes, plus grandes et impressionnantes que les premières, il n'y a pas d'entrée à payer.
A midi, on a mangé au bureau avec le cardiologue français, venu de Phnom Penh avec son équipe (quatre stagiaires françaises, deux techniciens, deux infirmiers, une administrative et une interprète cambodgiens) pour examiner les 120 employés de SOCFIN-KCD. Ancien coordinateur de Médecins du Monde au Cambodge, le Dr Jean-Claude Prandi, collabore à présent à La Chaine de l'Espoir (http://www.chainedelespoir.org/index.php3), une association humanitaire d'aide à l'enfance. La visite médicale aura lieu demain (lundi). Je vais me rendre avec Saream à l'hôpital du village pour y assister.
Dans l'après-midi, nous sommes allés nous promener sur la plantation avec les chiens. On les transporte dans la benne du 4x4, attachés de sorte qu'ils ne puissent pas tomber. Il n'est pas rare que la chienne Docile vomisse car elle est malade en voiture sur ces pistes cahoteuses. Nous avons parcouru une colline sur laquelle devraient être construites les futures maisons des directeurs, dont celle du directeur de plantation. Au fur et à mesure qu'on grimpait, on s'est aperçus qu'il y a une grande surface de granit, ce qui équivaut a priori à très peu de terre pour notre jardin. A la manière d'explorateurs, on s'est faufilés à travers les arbres et les roches pour découvrir les lieux qui ne manquent pas de charme. Cet endroit offre un beau panorama.
Le soir, Paala a cuisiné au wok des nouilles avec des écrevisses et des légumes. On a mangé avec des baguettes en bois. Un régal ! En dessert, on a dégusté quelques ramboutans, de la même famille que les litchis, recouverts d'une écorce aux molles épines rouges et vertes. Comme fruits typiques de la région, on a déjà aussi goûté le mangoustan (à la peau violette contenant des quartiers de chair crémeuse au goût raffiné), le longane (au goût de melon sucré selon moi) et le fruit du dragon, à la peau rose vif et à la chair blanche piquetée de petits points noirs (un peu comme le kiwi). Les fruits du dragon poussent sur des lianes, ressemblant à un cactus, s'appuyant sur un arbre. Je ne connais pas encore le durian, réputé pour sa vertu aphrodisiaque. « Le durian a un goût très subtil dont la base serait un camembert au lait cru à point avec des nuances d'ananas et d'ail, et dégage une odeur particulièrement forte considérée par beaucoup d'Européens comme peu agréable, souvent comparée à celle du vomi. » (Wikipedia) Vu cette description peu ragoûtante, on peut s'interroger sur l'efficacité aphrodisiaque de ce produit ! Parmi les fruits classiques, on a trouvé la pastèque exquise, et Geoffroy apprécie particulièrement les pommes du Vietnam.
Entre-temps, on a déplacé les meubles (T.V., canapé et table) du salon pour agrandir en largeur l'espace du séjour (pièce qui mesure environ 10 mètres sur 4) en veillant à ne rien laisser dans le passage de l'entrée à la chambre pour ne pas buter dans quelque chose. Précaution utile quand le générateur est éteint la nuit. Il faut savoir que l'électricité est générée par un groupe électrogène qui alimente plusieurs maisons, dont la nôtre, et une station service. Le générateur se trouve d'ailleurs à l'arrière du jardin. Les horaires de fonctionnement sont 5h-8h, 11h-13h et 17h-22h. Bientôt, les lumières vont s'éteindre pour laisser place à la tranquillité nocturne.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.