Il faut aussi que je raconte notre premier réveil en fracas vers 3h du matin. J'étais en train de rêver quand j'ai entendu du verre tomber et se briser. J'ai tout de suite pensé au chat. J'ai réveillé Geoffroy. Tous les deux, nous nous sommes levés dans l'obscurité, torche et lampe de secours à la main, pour se rendre compte de l'étendue des dégâts. Dans la cuisine, plusieurs débris de verres (ayant servi la veille avec le DG venu manger chez nous) reposaient sur le sol et dans l'évier. Voulant bien faire, nous avions débarrassé (après le départ de Phalla, hier soir, car il était déjà tard quand nous sommes sortis de table) et posé la vaisselle sur le plan de travail. Pas de bol : Coquin est passé par là pendant la nuit ! L'acrobate monte sur le mur d'environ 2 mètres de hauteur pour essayer d'attraper les geckos qui vivent dans le toit. En sautant de là-haut, le chat a raté son coup et atterri sur la vaisselle. On a nettoyé le sol afin que Phalla ne marche pas pieds nus sur un morceau de verre cassé, puis on s'est recouchés. Je n'ai pu cependant me replonger dans le sommeil.
Pour en revenir aux visiteurs, ils vivent à Phnom Penh. L'un est correspondant pour l'agence de presse espagnole, l'autre est photographe ayant suivi son compagnon australien, chercheur à l'Université John Hopkins. Bien qu'Arantxa ne fut pas la journaliste des deux, ce fut elle qui nous mitrailla le plus de questions. Un photographe professionnel passe sa journée à photographier. Quoi de plus banal ! Elle nous demandait d'arrêter la voiture, descendait, se déplaçait pour choisir différents angles de vue et photographiait ainsi pendant au moins un quart d'heure.
J'ai apprécié la discussion avec le journaliste catalan qui semblait au faîte des conditions de vie des Phnongs et autres chunchiet (minorités) et partageait volontiers son opinion sur le sujet. Geoffroy leur a montré une maison phnong, reconnaissable à son matériau principal, le chaume. On a rencontré sa propriétaire en compagnie de ses enfants. On a approché l'orée d'une forêt sacrée dans laquelle sont censés errer les esprits, selon les croyances phnongs. Quant à moi, je n'y ai remarqué que la faune qui y foisonne (j'ai même aperçu un écureuil qui grimpait sur un tronc d'arbre). Ensuite, les visiteurs ont interviewé un chef d'équipe phnong. Je croise les doigts pour qu'ils ne repartent pas avec de mauvaises intentions à l'égard de la compagnie et qu'ils n'aient pas dissimulé leur réelle motivation sous le motif de documenter les Phnongs. Il faut se méfier des journalistes, mais je pense qu'il est parfois pire de leur bloquer l'accès. C'est le meilleur moyen pour qu'ils s'insurgent contre la rétention d'informations et traduisent le refus de communiquer en manque de transparence, voire en volonté de masquer la vérité. Vérité qu'ils peuvent interpréter à leur façon, selon leurs références et en fonction de leur angle d'analyse, sans qu'il y ait eu échange d'arguments avec la cible en question. Ces réactions exacerbées pourraient causer plus de tort que si les journalistes observaient la réalité selon un encadrement approprié.Le soir, Geo et moi sommes allés manger au bureau, pensant y voir Dimitri avant son départ (son contrat de consultant touchant à sa fin). Malheureusement pour lui, il était coincé au lit avec de la fièvre (palu ou dengue ?). Nous n'étions pas nombreux autour de la table : Mr Monnin, Saroom l'Assistant Administratif, François le volontaire, Geo et moi. J'ai discuté avec François, fervent catholique, de l'avilissement des mœurs dans la société cambodgienne, telle que la criminalité rampante, présente
surtout à Phnom Penh, des torts causés par les guerres et le régime khmer rouge et des rôles respectifs du gouvernement, des ONG et des compagnies privées.
surtout à Phnom Penh, des torts causés par les guerres et le régime khmer rouge et des rôles respectifs du gouvernement, des ONG et des compagnies privées.
Concernant les valeurs familiales, Culture Smart ! affirme que « la famille a été une cible des Khmers Rouges, et a souffert de graves perturbations tandis que des membres de la même famille étaient tournés les uns contre les autres sous l'effet de l'endoctrinement ou de la peur. » J'ai lu, par exemple, dans le Cambodge Soir (16-22 juillet 2009) qu'on avait ordonné à un fils d'exécuter son père pour prouver sa confiance dans l'Angkar, l'organisation khmère rouge. Celui-ci avait été tué trois jours plus tard parce qu'il avait hésité à accomplir sa tâche. « Ces années planent tel un spectre au-dessus de nombreuses familles, mais l'institution et la confiance en ses valeurs se renouvellent au fil du temps. Une nouvelle menace à la famille traditionnelle peut se révéler à travers les incursions des valeurs occidentales, à l'heure de la diversification économique, de l'accès croissant aux médias étrangers, et de l'augmentation du nombre de jeunes gens qui reçoivent un enseignement supérieur et voyagent plus largement. » (traduction de Culture Smart !) Il paraît que les Khmers Rouges forçaient les couples à se reproduire. Les enfants des rues, issus de ce délitement moral, remplissent les villes, de Phnom Penh par exemple, devenant facilement les proies des mafias et des trafics en tout genre.
Néanmoins, ce tableau négatif démontre la prévalence de la famille (étendue) au sein de la société. Les enfants sont rois jusqu'à l'âge de huit ans environ, apparemment avec une discrimination envers les filles. Ils déambulent avec leurs jouets sur la route en l'absence de la surveillance d'adulte. Prudence et respect de la limitation de vitesse (30 km/heure) dans les villages sont donc de rigueur. Les enfants conduisent déjà des motos dès qu'ils en sont capables. La loi sur la conduite des motos au Cambodge est à ce point laxiste que la possession de permis de conduire pour voitures nous permettra de rouler à moto sans craindre d'ennuis de la police.
La Foi constitue un autre pilier de la société cambodgienne. Le bouddhisme a aidé les Cambodgiens à reconstruire leur existence (Lonely planet). En témoignent les petits autels ornant la plupart des maisons. Selon la tradition, il est interdit de les photographier (dixit Lonely planet). Les gens y mettent de l'encens et y déposent des offrandes comme des bananes. Un autel trône également dans notre jardin côté rue.
Il a beaucoup plu en fin de journée, faisant dire à Mr Monnin qu'il n'avait jamais vu ça dans la région. Dans ces cas-là, nos déplacements sont restreints car on risque l'embourbement. Il ne faut pas envisager de rejoindre Sen Monorom (signifiant 'très agréable') ; le trajet prendrait une heure minimum, s'il n'y a pas de camion enlisé bloquant le passage.

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