10 novembre 2009

A Phnom Penh, le 23 août 2009



Geoffroy et moi nous sommes levés relativement tôt. Après un (petit) déjeuner très diversifié, nous sommes partis à l'assaut de la ville… à pied. Après avoir descendu le Boulevard Monivong, nous avons longé la gare coloniale. Face à elle se dressait l'imposante tour moderne de la Canadia Bank (111 mètres). Après avoir marché entre les bâtiments neufs et les taudis, nous avons aperçu le dôme art déco du Phsar Thmei (marché central). Nous avons pénétré le marché où s'étalait une variété de produits frais dégageant divers effluves, dont l'odeur reconnaissable du durian. Après avoir déambulé parmi les étals, nous sommes ressortis en plein air. En contournant le marché, nous est apparu le centre commercial Sorya Shopping Center où se superposent plusieurs étages, exposant toutes sortes de marchandises telles que vêtements, chaussures, jouets, livres, équipement électronique. Après l'avoir escaladé jusqu'au sommet et en être redescendus, nous avons continué notre randonnée pédestre en nous dirigeant vers le Musée national. L'atmosphère était pesante et moite, mais nous n'avons pas cédé à la tentation de demander un taxi – que dis-je ?, d'accepter, vu le nombre de chauffeurs qui nous accostaient !

Pour se rendre au Musée national, nous avons emprunté une rue hébergeant quantité de galeries d'art proposant à la vue et à l'achat des peintures et sculptures d'artistes cambodgiens. Nous avions décidé de faire l'impasse sur le Musée national cette fois-ci pour ne pas s'ennuyer à regarder pendant des heures des objets alignés. Le Palais Royal étant fermé sur le temps de midi, nous nous sommes désaltérés avec une bière pression Angkor au Riverside avant d'aller manger au Friends, qui « forme des anciens enfants des rues aux métiers de l'hôtellerie. » (Lonely Planet) Poisson enveloppé dans une feuille de banane pour Geoffroy, salade au poulet pour moi, accompagnés d'un cocktail glacé au jus de lychee et au sorbet de fruit du dragon. C'était très bon. Notre voisin de table, français, Blaise, était venu passer plus d'un mois dans la région. Avec son sac à dos, il pensait combiner le Cambodge et la Thaïlande. On lui a donné notre numéro de téléphone au cas où il déciderait de se lancer à la découverte du Mondolkiri, révélant à nos yeux les paysages les plus magnifiques.

Au fil de notre escapade, nous nous sommes ébahis de rencontrer des moines bouddhistes, parfois munis d'un parapluie contre le soleil, se promenant dans les rues urbaines comme des passants ordinaires, à l'exception de leur robe safran et de leurs cheveux rasés. En chemin, nous avons flâné dans quelques boutiques de vêtements et d'artisanat khmer où la soie se taille la part belle. Arrivés au Palais royal, nous étions déjà fatigués de notre marche à pied sous la chaleur torride phnompenoise. « Avec ses toits khmers classiques et ses dorures, le Palais royal domine la ligne d'horizon de la capitale (…) Résidence officielle du roi Sihamoni, ce vaste domaine est en partie fermé au public. Les visiteurs ont seulement accès à la pagode d'Argent et à ses alentours. Les photos sont interdites à l'intérieur de la pagode. Si vous vous présentez en short ou les épaules découvertes, vous devrez louer une tenue adéquate. Le palais est très fréquenté le dimanche, lorsque s'y pressent les Khmers des campagnes (…) » (Lonely Planet)


Nous avons quelque peu survolé la visite ; néanmoins, nous nous sommes délectés des jardins luxuriants et de la fraîcheur de l'arrosage. « La pagode d'Argent doit son nom à son sol constitué de 5 000 dalles d'argent, pesant chacune 1 kg. La plupart sont couvertes pour être protégées, mais on peut en voir quelques-unes près de l'entrée. Construite en bois en 1892 sous le règne du roi Norodom et sans doute inspirée du vat Prah Keo de Bangkok, la pagode fut rebâtie en 1962. (…) Les Khmers rouges l'épargnèrent pour prouver au monde extérieur leur souci de préserver l'héritage culturel du pays. » (LP)

Nous avons un peu écourté la visite. A la sortie du Palais, nous avons finalement loué un tuk tuk (prononcez touk touk) pour rejoindre notre hôtel. J'ai négocié avec le chauffeur, qui voulait nous faire payer 5 dollars, pour baisser le montant de la course à 3 dollars. Ce devait être encore un bon prix, car non seulement content de nous prendre à bord de son engin, il a également commenté les édifices se dressant sur notre passage. La balade fut fort agréable et rafraîchissante. Nous avons plongé dans la piscine de l'hôtel pour nous détendre en cette fin de journée éreintante.

Le soir, Pascal nous a invités à son repaire, le Fun Planet, un café tenu par un Suisse, où se fréquentent des francophones autour de verres. Les clients présents écoutaient de la musique française à tue-tête. Pascal et sa femme, cambodgienne, nous ont emmenés dans un beer garden (littéralement jardin à bière) pour se sustenter. La nourriture était bonne. Chaque serveuse s'occupe d'une table, resservant régulièrement à boire. La scène accueillait à tour de rôle des musiciens et "artistes" chantant en khmer, y compris des traductions de chansons anglo-saxonnes telles que Hotel California. Plus tard, nous avons été ambitieux en voulant retourner au Fun Planet. Bien que l'ambiance, en petit comité, était plaisante, les bières Angkor et Anchor, après la Tiger servie presque à volonté au beer garden et suivies d'un sommeil limité, nous ont mis sur les rotules pour le lendemain.

Lors de notre séjour à PP, on a pu se rendre compte de l'existence de la mendicité, dans une mesure certes restreinte, et du commerce de charme, voire de la prostitution latente. Bien sûr, nous n'avons pas fréquenté les lieux où sévissent les pires pratiques. Ainsi Lonely Planet consacre un encart aux « "bars à hôtesses" ou "bars à filles", qui accueillent volontiers hommes ou femmes. Si certains sont plutôt sélects et bien tenus, d'autres frôlent le sordide et ressemblent plutôt à une maison close doublée d'un bar. Certaines filles sont des prostituées, d'autres des serveuses plus traditionnelles et quelques-unes sont seulement à la recherche d'un petit ami. »

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